Zoom sur… n°4: Jeanne Faivre d’Arcier

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Nouvel épisode de votre série Zoom sur… en collaboration avec l’association #TNA Territoires Nouvelle Aquitaine.

Aujourd’hui, nous avons la joie de recevoir Jeanne Faivre d’Arcier à l’occasion de la sortie cette semaine de son nouveau polar Meurtres sur Garonne – Cristal Noir aux éditions Geste.

Nous remercions Jeanne Faivre d’Arcier pour sa réactivité, sa disponibilité et son enthousiasme. N’hésitez-pas à vous procurer son dernier ouvrage chez votre libraire préféré.

Comme tu le vois, l’Aquitaine est très présente dans mon oeuvre.

Interview Jeanne Faivre d’Arcier

1/ Jeanne, peux-tu te présenter? Qui es tu?

J’ai écrit une vingtaine de romans, dans trois domaines :

– L’imaginaire avec une grosse focale sur les vampires.

Ma « trilogie en rouge » a fait l’objet de quatre éditions différentes dont une traduction en allemand chez un grand éditeur Outre-Rhin :  Rouge Flamenco et La Déesse Ecarlate, les deux premiers volumes, mettent en scène des héroïnes vampires  qui voyagent dans le temps et l’espace  (au Proche Orient au dix-neuvième siècle pour la première, Carmilla, et en Inde, de la haute époque bouddhique à aujourd’hui, pour la seconde, Mâra.)

Ces livres sont parus en grand format chez Manya, un éditeur aujourd’hui disparu, puis en poche dans la cultissime collection Pocket Terreur en 95 et 97. Ils ont été réédités chez Bragelonne en 2013  en une intégrale sous le nom de  L’Opéra macabre.  Est sorti aussi chez cet éditeur Le Dernier Vampire qui est paru en 2012 et a pour cadre Paris et Bordeaux, à notre époque et sous la Terreur.  

Enfin les deux premiers romans ont été traduits en allemand par Heine dans la foulée. La Déesse Ecarlate a obtenu le Prix Ozone en 1997 . Ces trois textes se sont vendu à  35 000 exemplaires, surtout grâce aux parutions en poche.

J’ai également publié dans des anthologies diverses des nouvelles fantastiques dont l’une, Monsieur-Boum Boum a obtenu le Grand Prix de l’Imaginaire, la plus haute distinction nationale pour ce genre de littérature, en 2001. Ces nouvelles ont toutes été reprises chez  Rivière Blanche  en 2019 sous le nom de la nouvelle phare ,  » Monsieur Boum Boum » .

– Le polar pour les adultes avec  quatre romans noirs publiés à L’Atalante, au Cherche-Midi, au Rocher et chez Bragelonne.

Deux se passent sur le bassin d’Arcachon « Les Yeux de Cendre » (2006) et « Les Passagers du Roi de Rome «  (2008).

Les deux autres se déroulent à Paris, notamment à Pigalle où j’ai vécu 30  ans et où j’ai toujours un point de chute. Ce roman sur Pigalle s’appelle  « Les Encombrants » . Il est sorti en 2017 chez Bragelonne. Il relate l’histoire d’un bébé abandonné, retrouvé dans un buffet déposé sur le trottoir à destination des encombrants, les services municipaux qui évacuent les téloches cassées, les frigos en panne, les matelas pourris et pourquoi les nouveaux-nés… 

Mon cinquième et petit dernier « Meurtres sur Garonne – Cristal Noir » sort en avril 2021 à la Geste dans la collection Geste Noir. Il a essentiellement Bordeaux et les bords de Garonne comme toile de fond. Il relate une histoire passionnelle entre deux hommes. L’originalité, de mon point de vue, est d’avoir pour auteur  une femme. L’un des deux garçons disparaît. Pourquoi ? A-t-il fait une OD lors d’un week-end de chemsex ? Y-a-t-il d’autres raisons  pour qu’il soit sorti des écrans radars ? Il est chasseur de têtes. Pourrait-il devenir une proie ? Il a peur. Pour lui ? Pour sa petite fille de cinq ans  ? Un tueur rôde qui ne cible que des homosexuels trentenaires. Ce sont les questions que se pose le duo d’enquêteurs, la capitaine Sallenave et son brillant lieutenant secrètement gay, Thomas Bellocq.

– La littérature jeunesse, avec cinq romans publiés chez Syros dans la collection Souris Noire destinés aux 9 à 12 ans.

Ils se déroulent tous sur le bassin d’Arcachon, connaissent un réel succès avec 30 000 exemplaires vendus à ce jour. Ils sont sans cesse réédités, très prescrits en milieu scolaire où j’interviens régulièrement pour animer des ateliers d’écriture polar. Un sixième est en gestation.

J’ai également écrit pour Castelmore, la collection jeunesse de Bragelonne, une série policière, historique et fantastique pour les ados qui se déroule à Bordeaux et a pour personnages principaux des jumeaux de 15 ans, Cornélia et Nicolas qui voyagent dans le passé, pendant la guerre de 39/45 et au Moyen-Age, à l’époque où l’Aquitaine était anglaise, notamment. Il y a aussi  un vampire qui se cache dans la base-sous marine et  un chien de guerre géant. Ces deux livres, Le Vampire de Bacalan et Les Disparus du pont de pierre  sont sortis en 2016 et 2017.

Comme tu le vois, l’Aquitaine est très présente dans mon oeuvre.

2/ Quel lien entretiens-tu avec la région Nouvelle Aquitaine?

Mes liens avec l’Aquitaine, c’est une  vieille histoire, même si je suis Parisienne au départ.

D’abord mes grands-parents vivaient près d’Angoulême. Enfant, je passais toutes mes vacances d’été dans leur maison qui avait beaucoup de charme et qui était située au bord de la Charente. On traversait le jardin et on allait se balader en canoë sur la rivière avec mes parents. J’adorais cette maison, mon grand-père était peintre et il avait créé une chambre égyptienne, une chambre marocaine, une chambre chinoise, avec des peintures et des décors. C’était magique. On faisait rafraîchir le vin dans un puits caché sous des figuiers. On allait dans le jardin cueillir les cerises et les prunes directement sur les arbres. Mais elle n’était pas confortable ( les WC étaient une cabane au bout du jardin et il n’y avait pas de salle de bains. ) Comme  ils étaient locataires, ils ont fini par s’installer dans une bicoque sans charme ni jardin mais avec le confort. C’était logique, ils étaient vieux et ne pouvaient plus l’entretenir, cette belle maison. Cela a été un crève-cœur pour moi.

Puis mes parents ont acheté une vieille ferme dans un petit village charentais et ont passé des années à la retaper. J’y allais beaucoup  jusqu’à la fin de mon adolescence. Ils l’ont vendue pour s’installer à leur retraite à Saint-Georges de Didonne, au bord de la mer, près de Royan.

Je suis moins allée en Charente Maritime, ma vie avait pris un autre tour… girondin, cette fois. A 38 ans, j’ai rencontré mon mari qui est éditeur… et bordelais. Ce qui est amusant, c’est que ses grands-parents étaient charentais aussi et qu’il a des souvenirs liés à la Charente, mais beaucoup moins plaisants que les miens.. Comme quoi il n’y a pas de hasard dans les rencontres amoureuses ! C’est mon mari qui m’a fait connaître le bassin d’Arcachon. J’ai eu le coup de foudre pour le mec et le Cap Ferret.

Enfin, je plaisante, notre maison au Cap Ferret nous l’avons achetée quelques années après notre rencontre, en 1996,  une époque où ce genre d’achat était abordable… Depuis une dizaine d’années, je vais peu à Paris, je navigue entre le Bassin et Bordeaux. Et comme tu le vois, ces lieux nourrissent mon oeuvre et j’y suis reconnue et appréciée, ce qui me rend très heureuse.  

3/ Est-ce-que selon toi la nouvelle région a des effets positifs ? Ou à l’inverse exacerbe les inégalités ?

Je passe sur la question 3 qui ne m’inspire pas et sur laquelle je n’ai pas d’opinion.

Je pourrais dire que cela a des avantages de concentrer tous les moyens pour développer des projets plus importants pour les territoires, mais je pourrais aussi affirmer aussi que cela creuse les inégalités entre les zones riches et les zones plus éloignées, plus rurales..

Donc joker, je ne suis ni géographe ni économiste.

Puis il y a la littérature, bien sûr, de Montaigne à Montesquieu et Mauriac, les 3 M.
Aujourd’hui il y a un auteur de polar bordelais très talentueux que j’aime beaucoup, Hervé Lecorre.

4/ Si je parle Aquitaine, à quoi penses-tu en premier?

Je pense à Bordeaux et au Bassin qui sont les deux zones que je connais le mieux.

Mais aussi au vignoble. J’adore le vin, les Graves en particulier, qui sont légers, très équilibrés, élégants, pleins d’arômes, les Pessac Léognan en particulier. Mais j’aime aussi les vins de Blayais, les blancs surtout. Et puis j’ai découverts des petits vins charentais très sympas, si, si. Bon je ne vais pas commencer à citer des crus, ou  je ne m’arrêterai plus.

Puis il y a aussi l’histoire de l’Aquitaine, sa période anglaise au Moyen-Âge notamment. J’ai beaucoup lu sur ces trois siècles d’occupation anglaise pour rédiger mes romans jeunesse.

Puis il y a la littérature, bien sûr, de Montaigne à Montesquieu et Mauriac, les 3 M.
Aujourd’hui il y a un auteur de polar bordelais très talentueux que j’aime beaucoup, Hervé Lecorre.

5/ Si tu avais un point que tu souhaiterais développer pour la région, quel serait-il ?

Alors pour développer la région, il faudrait commencer par arrêter de tout bétonner, avec des routes qu’on double, qu’on triple et quadruple,  des zones commerciales gigantesques et surdimensionnées ( sur le Bassin  et autour de  Bordeaux Métropole, c’est effrayant. )

Revenir à un respect des sols, de la forêt, de l’eau, des animaux. Lutter vraiment contre l’érosion dunaire. Arrêter de privatiser sournoisement l’ONF. Limiter les constructions et l’étalement urbain ( voeux pieu, je sais ).

Ici, sur le Bassin, l’urbanisation est si rapide que la forêt est de plus en plus mitée et que les systèmes d’évacuation des eaux sont régulièrement saturés, ce qui amène à des interdictions de plus en plus fréquentes de consommer des huîtres. ( Sympa pour les ostréiculteurs !)

Bref penser véritablement développement durable, mais on n’y est pas, loin de là.

Meutre sur Garonne - Cristal Noir
Jeanne Faivre d'Arcier

Meurtres sur Garonne – Cristal Noir

Un aperçu du dernier ouvrage de Jeanne Faivre d’Arcier avec la quatrième de couverture

A Bordeaux, la capitaine Sidonie Sallenave de la police judiciaire et son adjoint Thomas Belloc, sont confrontés à de bizarres assassinats derrière lesquels semble être à l’œuvre un meurtrier qui s’acharne sur des homosexuels trentenaires.

Personne n’est mieux placé que Sallenave, une femme au tempérament bohème qui élève seule trois moutards diaboliques et Belloc, le brillant lieutenant secrètement gay, pour remonter la piste du tueur qu’ils ont surnommé « Vespa velutina », le frelon asiatique.

Au cours de leur enquête qui les mène loin de Bordeaux et loin dans le passé, ils rencontrent Camille. Flanqué de Cristal Noir, son schnauzer géant, celui-ci recherche désespérément Gabriel, disparu lui aussi…

Meurtres sur Garonne – Jeanne Faivre d’Arcier – Editions Le Geste Noir
Date de parution: avril 2021 – 485 pages – 13,90€ (12,99€ en version numérique)

Retrouvez les précédents épisodes : Corinne Javelaud, Guy Rechenmann et Deon Meyer

Rendez-vous dans 15 jours avec un nouvel auteur aquitain.

2 Commentaires

  1. — Je crois que vous ne savez pas à qui vous avez affaire ! claque-t-il, sortant une
    arme à feu de la poche de son blouson de cuir.
    Il arme son Beretta, le pointe sur Paul, puis sur Roger. Dès lors, Roger bouscule
    Raymond, ce qui le fait tomber à terre, puis Paul le plaque de tout son corps pour
    l’empêcher de se servir de son arme.
    Une détonation.
    Du sang coule du torse de Raymond, allongé contre la dalle.
    Paul et Roger prennent peur.
    Ils s’enfuient, sortant précipitamment de l’église.
    Quelques instants plus tard, la tête de Raymond se redresse.
    Il se rend compte que la balle a frôlé son tronc, elle s’est plantée dans un des
    murs de l’église.
    Il saigne un peu.
    Il pose un mouchoir contre sa blessure, se redresse, regardant autour de lui,
    puis sort aussi précipitamment de l’église. à retrouver sur https://www.librinova.com/librairie/jacques-suissa/un-mort-a-saint-pothin

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