Défi d’été – Jour 25

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Jour 25
Vous reprenez un de vos textes écrits depuis le début du défi, celui dont vous avez envie, et vous écrivez l’heure d’avant, même si rien d’exceptionnel ne s’est passé. Si on remonte le temps de votre scène et de votre personnage, que se passe-t-il une heure avant ?

Jour 25 — 5h02

Ben somnole plus qu’il ne dort, le corps lourd, l’esprit traversé de courants flous. Un souffle d’air remue le rideau entrouvert. Dehors, un merle s’ébroue dans le chêne d’Amérique. Le radio-réveil clignote : 5h02. Comme si l’heure elle-même hésitait.

Il ne bouge pas. Il ne pense pas. Pas encore.

Il s’est couché tard, après une journée de plus à tout gérer. Comme depuis une semaine. Les appels à relayer, les nouvelles à donner, les trajets jusqu’à Bayonne. Pour que sa mère ait le moins à porter. Pour que quelqu’un tienne debout. Quelqu’un devait tenir. Alors c’était lui.

Dans le lit, il a tourné comme on tourne une phrase sans trouver la fin. Il a lu quelques pages d’un roman abandonné, puis refermé le livre sans marque-page. Rien ne tenait. Ni les mots. Ni le sommeil. 

La lumière de la salle de bain est restée allumée. Une veilleuse de veille. Une façon de dire : je suis là.

Il sent le bois craquer sous le vent, entend le tic lointain du chauffe-eau. Le silence l’entoure comme un vêtement trop usé, familier mais inconfortable. Une brûlure fine sous le sternum, presque imperceptible. Comme quand on retient une larme sans la laisser monter. Il ne sait pas d’où ça vient. Peut-être juste du trop-plein.

Le téléphone est posé à portée de main. Écran noir. Inerte. Et pourtant, il le sent déjà vibrer, comme si l’annonce s’approchait en silence.

Il ferme les yeux.

Dans moins d’une heure, il saura. Mais pour l’instant, il est encore dans l’avant. L’inconnu. L’attente suspendue.

Et il s’y blottit, comme dans le dernier creux apaisant du rêve.

Du 14 juillet au 1er septembre, je participe au défi d'été 2025 de l'école Les mots : du petit plongeon au grand bain. Pas de visio, pas de rendez-vous à l'école, juste des mails réguliers, comme des cartes postales littéraires, qui vous invitent à écrire 15 minutes chaque jour.
Le programme de cette première semaine: Trempez un doigt dans la piscine, avec un premier désir d'écriture.

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