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Défi d’été – Jour 9

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Jour 9 – Mardi
Dans la liste d’hier, choisissez une chose, une occurrence et écrivez dessus. Si c’est un détail, racontez une scène autour, si c’est un genre, je n’écrirai jamais de SF, essayez un texte même court. Il n’y a qu’en éprouvant que l’on peut renoncer, en écriture. Je sais que ça vous semble étrange, je viens de lui dire que je n’écrirai pas dessus et puis elle insiste, mais peut-être que vous allez découvrir un territoire de liberté insoupçonnée ou prendre conscience de la censure que vous vous infligez dans l’écriture.
Vous pourrez parcourir cette liste et vous demander si ce sont des peurs ou un désintérêt, et si ce sont des peurs, vous demander pourquoi, ce qu’elles racontent de vous.
Je crois très fort au fait qu’il y a ce que l’on peut écrire, ce que l’on veut écrire et ce que l’on doit écrire. Je vous en parle plus en détails dans le vocal.

Jour 9 – Ce que l’on écrit sans y être

Hier, j’ai dressé la liste de ce que je ne voulais pas écrire.
J’ai cru écarter des formes, des pièges, des postures.
Mais ce matin, deux phrases ont résisté.
Deux refus qui se frôlent, se répondent, s’amplifient :

15. Une phrase écrite pour être aimée, pas pour être juste.
22. Ce qui sonne juste mais ne vibre pas.

Je les connais, ces phrases-là.

Elles arrivent quand j’ai peur.
Peur d’être un imposteur.
Peur d’être flou, trop lent, pas assez clair.
Peur qu’on ne comprenne pas.
Peur d’écrire pour personne.
Peur de passer à côté, même sans le vouloir.

Alors je les habille joliment.
Je les fais sonner, les agence avec soin, comme on range une vitrine.
Et souvent, elles brillent.
Elles plaisent.
Elles rassurent.

Mais elles ne vivent pas.
Elles ne viennent pas d’un lieu fragile.
Elles ne se sont pas frottées au doute.
Elles ne tremblent pas.
Elles sont exactes mais absentes.
Équilibrées, mais creuses.
Elles sonnent juste, oui.
Mais elles ne vibrent pas.

Comme ces vidéos qui inondent les réseaux.
Comme ces publicités sans fond.
Comme tout discours politique sans âme.

Alors je m’arrête.
Je les laisse en suspens.
Je barre, je rature.
Je les regarde. Je les écoute.
Et je recommence.

J’essaie autre chose.
Une phrase moins parfaite,
plus fêlée, plus risquée.
Une phrase qui ne cherche ni à séduire, ni à démontrer.
Mais à dire.
Une phrase qui me ressemble :
poétique, sensible, lyrique.

Parce que c’est cela, au fond, que je veux écrire :
non pas ce qui rassure,
ni ce qui attire les compliments,
mais ce qui interpelle.

Ce qui remue.
Ce qui bat, même faiblement.
Ce qui laisse une trace.

Du 14 juillet au 1er septembre, je participe au défi d'été 2025 de l'école Les mots : du petit plongeon au grand bain. Pas de visio, pas de rendez-vous à l'école, juste des mails réguliers, comme des cartes postales littéraires, qui vous invitent à écrire 15 minutes chaque jour.
Le programme de cette première semaine: Trempez un doigt dans la piscine, avec un premier désir d'écriture.

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