
Je termine un livre.
Et, au détour d’une page,
je tombe sur ces quelques lignes
que j’aurais aimé écrire.
Des lignes qui résonnent
avec tant de conversations récentes.
Et qui me confortent dans une conviction.
À l’heure où tout semble devoir aller toujours plus vite,
où l’on parle parfois déjà du suivant
quand le précédent n’est même pas encore sorti en librairie,
où il faudrait avoir lu avant les autres,
publié avant les autres,
été vu davantage que les autres,
j’aime que quelques lignes viennent rappeler l’essentiel.
Lire n’est pas une course.
Lire demande du temps.
De l’attention.
Du silence aussi.
Lire à son rythme.
Lire vraiment.
Puis transmettre.
Non pour avoir quelque chose à publier,
mais parce qu’un livre nous a bousculés
et que nous aimerions, à notre tour,
le faire passer.
Les mots.
Ce qu’ils rendent possible
entre nous.
La liberté de penser.
De parler.
D’écrire.
De créer.
D’agir.
Et tout ce qu’il nous faut défendre,
inlassablement.
Je crois que j’ai trouvé mon manifeste.
Image: photo de Ce qui se joue de Caroline Hinault aux éditions du Rouergue

