Jour 44
Ce matin, vous vous asseyez sur un banc, à côté d’un inconnu et vous lui racontez quelque chose d’inédit. Vous n’écrivez pas ce que vous dites, vous écrivez uniquement sa réaction, ce qu’il dirait, ce qu’il penserait.
Jour 44 — Le banc
Il m’a écouté sans m’interrompre. Son visage restait neutre, mais ses yeux s’étaient assombris. Je ne sais pas s’il comprenait vraiment ce que je venais de dire, ou si mes mots avaient réveillé en lui autre chose, plus ancien, plus intime.
— C’est étrange, a-t-il murmuré. On ne s’attend pas à recevoir ça, d’un inconnu, un matin banal. Mais je crois que je ne vais pas l’oublier. Ça restera en moi.
Il a marqué une pause. Ses mains tremblaient.
— Peut-être que c’est ça, au fond : les vérités les plus lourdes ne se confient pas à ceux qu’on connaît, mais à ceux qui ne demandent rien. Parce qu’ils n’attendront rien en retour.
Enfin, il m’a regardé droit dans les yeux.
— Merci, a-t-il dit. Merci de m’avoir choisi.
Puis il s’est levé. Je l’ai vu partir avec un pas différent, comme si mes mots avaient déplacé quelque chose en lui.
Du 14 juillet au 1er septembre, je participe au défi d'été 2025 de l'école Les mots : du petit plongeon au grand bain. Pas de visio, pas de rendez-vous à l'école, juste des mails réguliers, comme des cartes postales littéraires, qui vous invitent à écrire 15 minutes chaque jour.
Le programme de cette première semaine: Trempez un doigt dans la piscine, avec un premier désir d'écriture.

