Jour 45
Et si on écrivait le silence ? Celui qui fait du bien ou celui qui blesse, celui plein ou celui trop vide (si le sujet vous intéresse, je vous invite à lire Nos silences de Laurence Joseph). Prenez une feuille et écrivez à la place du silence, sur lui.
Jour 45 — Le silence
Il y a des silences qui apaisent, qui enveloppent, qui réparent. Des silences pleins, comme une main posée sur l’épaule. Ils ne disent rien, mais ils contiennent tout.
Et puis il y a les autres. Ceux qui coupent. Ceux qui s’installent entre deux êtres comme une paroi invisible. On entend tout derrière, mais on ne peut plus rien traverser. Ceux-là blessent, lacèrent, enferment.
J’ai grandi dans un silence épais, celui qui remplace les mots qu’on n’a pas su dire, les caresses qu’on n’a pas osées donner. Il n’était pas fait de paix, mais d’absence. Pas de douceur, mais de distance.
Aujourd’hui encore, il me poursuit. Dans mes phrases interrompues. Dans les souvenirs que je n’arrive pas à compléter. Dans le regard de mon père, que j’aurais voulu voir s’attendrir, juste une fois.
Écrire, c’est ma façon de fissurer ce silence-là. De lui donner une voix. Peut-être même une délivrance. Parce qu’au fond, j’aimerais croire qu’un silence peut changer. Qu’il peut se retourner. Qu’il peut devenir un abri au lieu d’une frontière.
Alors ce soir, j’écris contre le vide. Pour qu’il reste au moins une trace.
Et si demain, le silence revient, je veux qu’il sache que j’ai existé, que j’ai parlé, que je n’ai pas cédé.
Du 14 juillet au 1er septembre, je participe au défi d'été 2025 de l'école Les mots : du petit plongeon au grand bain. Pas de visio, pas de rendez-vous à l'école, juste des mails réguliers, comme des cartes postales littéraires, qui vous invitent à écrire 15 minutes chaque jour.
Le programme de cette première semaine: Trempez un doigt dans la piscine, avec un premier désir d'écriture.

