Défi d’été – Jour 7

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Jour 7 – Dimanche
Hier, vous avez écrit depuis la plus ancienne photo de votre galerie. Aujourd’hui, vous allez écrire depuis la prochaine photo qui rejoindra la galerie de votre téléphone. Pour le moment, elle n’existe pas, mais imaginez la prochaine, que vous allez prendre vous-même ou que quelqu’un va vous envoyer. Avant d’écrire, projetez une image dans votre tête et ensuite écrivez de la même manière que l’exercice précédent.

Jour 7 : Et la lumière fut

Des photos, j’en prends beaucoup. La prochaine ? Ce sera un matin, sans doute. Juste avant de poster quelques lignes.

Un de ces matins qui ne paient pas de mine, un peu flou, un peu gris, mais où l’on pressent pourtant qu’il va se passer quelque chose de singulier. La brume s’effiloche entre mes pins landais, le silence pèse moins lourd qu’à l’accoutumée depuis le début de la semaine, et l’air a ce goût d’herbe mouillée mêlé à un soupçon d’espérance.

La prochaine photo viendra de là. J’en ai la certitude.

Je m’arrêterai, sans raison. Juste parce que mon regard se sera laissé hypnotiser.
Un rai de lumière glissera à travers les branches, éblouissant l’écorce résineuse d’un pin ou la robe furtive d’un chevreuil surpris sur le bas-côté.
Ce ne sera pas grand-chose, et ce sera immense.

Je la prendrai sans y penser. Par un réflexe de peur à la suite d’un coup de klaxon de la voie opposée. Électrochoc et retour à la réalité. Photo ratée.

Peut-être aussi qu’elle me sera envoyée, au détour d’un message simple, presque anodin. Une amie me dira :
« J’ai vu ça ce matin, j’ai immédiatement pensé à toi. »
Et ce rayon, cette lumière discrète, ce baume sans mots. Photo sublimée.

Alors j’écrirai.
Je parlerai de l’invisible, de ce qui tremble juste derrière, de ce qui glisse entre les lignes, du temps qui ralentit, de la beauté des choses qu’on ne programme pas.
Je parlerai aussi de cette façon étrange qu’ont parfois les matins de consoler ce qu’ils ignorent, de cette urgence excitante à faire danser l’encre sur la page.

La prochaine photo, c’est peut-être celle-là : une lumière.
Pas celle qu’on capture, mais celle qu’on reçoit.
Celle qui, l’air de rien, fend l’armure.
Et fait sourire un visage triste. Comme depuis sept jours ici.  

Du 14 juillet au 1er septembre, je participe au défi d'été 2025 de l'école Les mots : du petit plongeon au grand bain. Pas de visio, pas de rendez-vous à l'école, juste des mails réguliers, comme des cartes postales littéraires, qui vous invitent à écrire 15 minutes chaque jour.
Le programme de cette première semaine: Trempez un doigt dans la piscine, avec un premier désir d'écriture.

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