
Il est tôt. Trop tôt. Ou peut-être est-ce tard,
Les heures s’estompent dans un voile laiteux.
Tout est trouble, incertain, comme au bord du hasard,
Et l’âme se perd sous un ciel nébuleux.
Un quai désert. Le silence. Des câbles en travers
De pensées embrouillées, de rêves en jachère.
Rien ne vient. Tout demeure, et le corps à l’envers
Tente un pas, puis renonce ; fatigue familière.
Le cœur est un wagon sans feu ni guide,
Un souffle essoufflé qui patine sur place.
À quoi bon s’élancer quand s’effacent les heures,
Quand même le futur paraît manquer d’espace ?
Mais parfois, dans le creux des brouillards les plus denses,
Un rai pâle s’invite, une lueur infime.
Et l’on sent, sous le ballast, une faible présence,
Le frémissement doux d’un espoir qui s’anime.
Alors on attend. On s’attarde un instant
Dans ce lieu sans contour, ce matin sans envie.
On écoute le vide, on s’y tient, hésitant.
En gare de soi, parfois naît la tendresse.
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