A terre

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J’ai tenté.

J’ai tendu des poignées de nuit
à des jours sans visage.

J’ai erré dans l’ombre en croyant à la lumière,

résistant au vent comme un arbre isolé,
sachant que mes feuilles avaient déserté.

J’ai persisté.
Contre l’évidence, contre moi.

Avec le cœur en haillons
et des silences pleins les poches.

Je dressais des mots comme on bâtit des digues,

mais la mer montait,

encore, encore.

J’ai craqué.

Comme un rire qu’on étouffe.

Et l’âme s’est fendue dans un cri sans écho.

Je me suis effondré
dans un halo de poussière,

à genoux sous le ciel

qui ne répondait plus.

Qu’ai-je gagné à résister?

Des cicatrices de trop
et l’illusion d’un courage.

La fatigue a les traits d’un Dieu sans visage,

qui me parle tout bas,

dans la langue de l’abandon.

Je n’ai plus la force,

mais j’ai encore ce poème —

ce souffle court d’encre fragile,

ce dernier soupir qui s’écrit

quand plus rien ne subsiste.

Retrouvez mes autres textes: Parfois j’écris.

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