A l’endroit du mot

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A l'endroit du mot
A l’endroit du mot

Je ne m’étais promis que d’essayer.
Un orteil dans l’eau, pour voir. Pour jouer.
Un défi d’écriture, comme on croque une cerise un peu tardive : sans attendre trop, mais avec l’espoir secret du jus sucré.
Je n’avais pas mesuré. Ni le vertige, ni la joie.

Depuis seize jours, j’écris.
Je cherche, je tremble, je découvre.
À intervalles réguliers, un mot, une phrase, une consigne tombe dans ma boîte comme une clé lancée à travers le temps.
Et moi, j’ouvre.
Je me laisse faire. Je réponds, je m’abandonne.
Je ne suis plus tout à fait seul.

Il y a ce fil tendu entre des inconnus qui ne le sont plus tout à fait.
Il y a leurs mots, leurs audaces, leurs silences aussi, que je lis comme on devine un regard.
Il y a mes commentaires de moins en moins timides, mes élans de reconnaissance, mes envies de dire : je te lis, je te vois, continue.
Et surtout, il y a cette joie, cette énergie simple et neuve, de me sentir à ma place.
À l’endroit du mot. À l’endroit du monde.

Je ne sais pas ce que demain me prendra.
Si un jour, l’élan se rompra, si mes phrases s’étioleront comme du linge trop lavé.
Mais aujourd’hui, j’ai seize matins d’écriture dans les veines.
Seize souffles. Seize petites traversées.
Et c’est déjà une lumière.

Mes autres textes sont ici Parfois j’écris

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