Défi d’été – jour 11

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Jour 11 – Jeudi
J’ai pour habitude de dire que l’on écrit le livre que l’on voudrait trouver en librairie ou en bibliothèque et qui n’existe pas. Imaginez le livre que vous rêvez de lire, de trouver en librairie, à quoi il ressemble, de quoi il parle, quelle est sa forme. Si vous deviez raconter ce livre à un ami, que diriez-vous ? Et bien, écrivez-le et de manière très concrète, de quel sujet ça parlerait, qui seraient les personnages, les sujets, la forme du texte, le style d’écriture.

Le rêve landais

Le livre que je rêve de trouver un jour en librairie est écrit depuis longtemps.
En ai-je conscience ? Je crois que ce livre m’attend autant que je l’attends.
Oh bien sûr, il n’est pas relié, avec une jolie couverture qui donne envie et un titre qui, à lui seul, évoque une émotion muette.
Il n’est que fragments dispersés dans les interstices de mon esprit, ratures dans mes carnets ou ébauche dans un fichier.

Il pourrait s’appeler Entre pins et marées.
C’est un titre qui m’habite depuis longtemps, sans que je l’aie encore tout à fait écrit.
Il serait comme une longue promenade en forêt, au cœur de ces Landes que j’habite, familières et pourtant mystérieuses.
Ce serait un récit intimiste, profond et sensible, porté par un personnage principal que la vie n’a pas épargné, mais qui, pourtant, conserve une douceur et une lucidité face aux épreuves.

Il vivrait dans un petit village landais, un endroit discret, presque oublié du monde, entre pins majestueux et étendue infinie de sable fin.
Un lieu où murmurent les pins et résonnent les vagues au loin, un lieu où le temps se déploie autrement,
où les rencontres prennent un sens essentiel, authentique, loin du tumulte et de la précipitation urbaine.

Ce personnage serait médecin rural, comme Antoine dans un des manuscrits que j’ai commencés,
mais ici, son rôle s’élargirait : il deviendrait aussi passeur d’âmes, confident, témoin discret des blessures des autres.
Il serait dépositaire de regrets, de joies discrètes, de colères rentrées.
Chaque chapitre prendrait la forme d’un portrait, d’une confidence recueillie,
écrite dans une prose délicate et poétique, laissant place à des silences, des non-dits essentiels.

Le roman aborderait frontalement les grands thèmes de l’existence :
la solitude, l’amour discret mais tenace, la relation difficile à l’argent et à la survie quotidienne,
la paternité distante, le deuil qui ne passe jamais tout à fait.
Il serait traversé par ces blessures secrètes que l’on cache souvent,
mais qui façonnent pourtant les êtres que nous devenons.

Ce serait aussi une ode à la nature, particulièrement la landaise :
à l’océan qui symbolise la liberté, mais aussi l’impermanence, le vertige du doute ;
à la forêt qui incarne à la fois le refuge et l’imagination.
La nature y serait omniprésente, consolatrice, témoin silencieuse des confidences et des transformations intérieures.

Le style serait doux et puissant, entre simplicité apparente et profondeur réelle,
mêlant dialogues épurés et monologues intérieurs à la limite de la poésie.
Ce livre ne chercherait pas à plaire à tout prix, mais simplement à toucher,
à révéler l’invisible, à offrir un espace d’apaisement, de réflexion profonde sur la vie qui passe et le temps qui reste.

Si je devais le raconter à un ami, je lui dirais que c’est un livre
où il retrouvera ses propres questionnements, ses propres blessures,
mais aussi un apaisement, une sensation qu’il n’est pas seul à ressentir ce qu’il ressent.

Je lui dirais que c’est un livre qu’on lit comme on marche pieds nus sur une plage landaise, lentement,
en ressentant chaque grain de sable, chaque souffle d’air marin, chaque bruissement de pin,
comme une promesse que malgré les gouffres et les pertes, la beauté demeure.

Je vais mal, tout va bien. En quelque sorte.

Du 14 juillet au 1er septembre, je participe au défi d'été 2025 de l'école Les mots : du petit plongeon au grand bain. Pas de visio, pas de rendez-vous à l'école, juste des mails réguliers, comme des cartes postales littéraires, qui vous invitent à écrire 15 minutes chaque jour.
Le programme de cette première semaine: Trempez un doigt dans la piscine, avec un premier désir d'écriture.

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