Défi d’été – Jour 23

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Jour 23
Imaginez une scène très ordinaire : un repas, un moment dans une salle de bain. Rien d’extraordinaire, mais vous cherchez la précision et vous écrivez les couleurs, les odeurs, les gestes. Réfléchissez aux cinq sens et tentez de tous les exploiter.

Jour 23 — La marche

Ben chausse ses tennis et quitte la maison juste après un petit déjeuner équilibré. La tasse de café encore tiède sur l’évier, les miettes de pain qu’il n’a pas essuyées. Il referme doucement la porte. Dehors, l’air pique un peu. La lumière du matin est pâle, la brume traîne encore au-dessus des fougères.

Le lac n’est qu’à quelques encablures. Une boucle d’environ trois kilomètres qu’il connaît par cœur, qu’il prend pourtant chaque jour comme une page neuve. Sous ses pas, le sable craque. Des épines de pin collent à ses semelles.

L’air sent l’eau froide, la résine et quelque chose d’indéfinissable, comme une trace d’humidité ancienne. Il inspire longuement. Ses épaules se relâchent. Il ne pense pas à grand-chose, ou à trop de choses à la fois. Des commandes de clients, des échéances qui approchent, une réflexion de sa mère qui l’a troublée hier — il ne sait plus s’il doit lui répondre.

Les pensées flottent. Certaines s’accrochent un peu plus que d’habitude, griffent la surface.

Les arbres s’ouvrent en clairières, puis se referment. Il marche au bord, là où les roseaux se penchent. Le soleil commence à filtrer à travers les branches, une lumière dorée, plus franche maintenant. Il sent une goutte de sueur le long du dos.

Un oiseau s’élance. Un écureuil détale. Un couple de canards glisse à peine sur l’eau. Il frôle un tronc du bout des doigts, rugueux et tiède. Écoute le bruissement d’une aile, le froissement du monde qui s’éveille.

Ils croisent les habitués. Les uns courent. Certains promènent le chien. D’autres parlent fort pour exister davantage.

Lui n’a pas besoin de plus. Juste ça : marcher. Laisser le corps se délier, les pensées se déposer, une à une, comme on vide ses poches au retour d’un long voyage. Certaines tombent, d’autres restent accrochées au tissu.

Il est 8h03. Il regarde l’eau. Elle ne dit rien. Il peut rentrer.
Ou peut-être encore faire un tour. Rien ne presse.

Du 14 juillet au 1er septembre, je participe au défi d'été 2025 de l'école Les mots : du petit plongeon au grand bain. Pas de visio, pas de rendez-vous à l'école, juste des mails réguliers, comme des cartes postales littéraires, qui vous invitent à écrire 15 minutes chaque jour.
Le programme de cette première semaine: Trempez un doigt dans la piscine, avec un premier désir d'écriture.

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