Jour 46
Je vous invite à découvrir le livre Lettres non-écrites de David Geselson, d’après une idée très belle. David Geselson est allé à la rencontre d’une multitude de personnes et il leur a proposé d’écrire pour eux, après discussion, la lettre qu’ils n’ont jamais réussi à écrire. Le livre est très beau, et il raconte dans l’introduction que souvent on attend le trop tard. Alors, c’est à cela que je vous invite, à écrire aujourd’hui la lettre que vous n’avez jamais réussir à écrire avant.
Papa,
Voilà vingt ans que tu es parti. Vingt ans, et je n’ai toujours pas accepté ton absence.
Tu as été un père aimant, toujours attentif à mes choix, même quand j’ai voulu sortir des chemins tout tracés. Je connaissais les limites, mais je n’ai jamais douté que tu étais là, solide, bienveillant.
Depuis que tu es parti, j’ai tant de fois eu besoin de toi. Pour mes doutes, mes hésitations. Pour ces discussions politiques que nous n’aurons plus. Pour ces encouragements que tu savais donner, mais aussi pour ces remises en place dont j’avais besoin.
Et puis il y a cette dernière semaine. Ton corps déjà ailleurs, ton esprit enfermé dans le coma. Et mes mots restés coincés.
Je t’écris aujourd’hui parce que je ne peux plus attendre. Parce que je refuse que le temps fasse son travail d’effacement.
Je voudrais que tu saches que je continue à vivre avec toi, même sans toi. Que je cherche encore ton regard dans mes choix et mes silences.
Alors je dépose cette lettre ici, sans adresse, sans timbre. Peut-être qu’elle n’arrivera jamais. Mais moi, enfin, je l’ai écrite.
Tu me manques.
Ton fils.
Du 14 juillet au 1er septembre, je participe au défi d'été 2025 de l'école Les mots : du petit plongeon au grand bain. Pas de visio, pas de rendez-vous à l'école, juste des mails réguliers, comme des cartes postales littéraires, qui vous invitent à écrire 15 minutes chaque jour.
Le programme de cette première semaine: Trempez un doigt dans la piscine, avec un premier désir d'écriture.

