J’ai la chance cette année de retrouver les jurys lecteurs d’un prix littéraire. Et c’est grâce au livre de poche que je remercie.
J’ai reçu comme 140 autres collègues de la section littérature 3 ouvrages pour la sélection du mois de février. J’ai beau être comme vous un grand lecteur, je n’avais encore pas lu l’un de ceux-ci: Comment cuire un ours de Mikael Némi… et n’avais qu’effleurer un autre: Un monde de ciel et de terre d’Aleksandar Hemon. J’ai relu avec bonheur les Sources de Marie-Hélène Lafon.

Alors le plus dur… Faire son choix ! Une narration intimiste et épurée, une intrigue historique et policière, ou une fresque familiale entrelacée ?
Les sources de Marie-Hélène Lafon
J’avoue j’aime beaucoup la belle écriture et en cela, Marie-Hélène Lafon n’a pas son équivalent ici. Certes on peut lui reprocher sa sobriété stylistique, mais la puissance émotionnelle et l’immersion totale qu’offre son écriture compense aisément. Connaissant déjà l’ouvrage, j’ai pu le savourer encore plus. Néanmoins, certains sujets n’auraient-ils pas mérité davantage de développement ? Ne reste-t-on pas un peu sur sa faim en fin de lecture, surtout si le lecteur (ce n’est pas mon cas) découvre l’autrice ? Je peux comprendre les reproches émis par mes consoeurs et confrères. Bien sûr, je recommande.
Comment cuire un ours de Mikael Némi
Très belle surprise avec Comment cuire un ours. Rendre un polar historique aussi fluide et accessible, surtout en Suède, n’était pas gagné d’avance. D’ailleurs, de moi-même, je n’avais pas été attiré par le titre lors de sa sortie en grand format. De plus, je reconnais aisément que le sujet ne m’attirait pas de prime abord. Je le confesse: quelle belle découverte même si j’avoue que les descriptions aussi nombreuses que foisonnantes rendent la lecture complexe et lente… 532 pages plus tard, je recommande.
Un monde de ciel et de terre d’Aleksandar Hémon
A l’inverse du précédent, j’avais repéré la sortie en grand format. J’avais lu quelques pages et puis l’avais délaissé. Aleksander Hemon nous offre une fresque familiale entre passé et présent, et quelle fresque ! J’ai adoré sa prose poétique, ce qui ne doit pas surprendre celles et ceux qui me connaissent. Cependant, qu’est ce que c’est compliqué… Je pense m’être perdu par moment mais je suis allé au bout. Certains dans le groupe ont parlé de lecture torture ou supplice. Je n’irai pas jusque là. Toutefois, cela reste une lecture exigeante, voire éprouvante. En fait sa structure narrative si inventive le sert et le dessert par sa complexité.
L’heure du choix
Et donc me direz-vous?
Si Les Sources m’a séduit par sa sobriété et Un monde de ciel et de terre par sa poésie, Comment cuire un ours m’a totalement happé par son mélange unique d’enquête, d’histoire et d’immersion sensorielle. J’ai été bluffé par cette capacité à allier intrigue et érudition sans jamais perdre le lecteur – ou presque ! Une très belle découverte, même si le style, parfois touffu, demande une certaine patience.
J’ai par conséquent voter pour Comment cuire un ours de Mikael Némi.
En avez-vous de la sélection ? Etes-vous d’accord avec mes analyses ?
Je vous donne rendez-vous le mois prochain! La sélection s’annonce encore passionnante.

