
Original et étonnant
Chère lectrice, cher lecteur, installe-toi sous le feuillage complice de mon cher noyer d’antan durant ce pont du 8 mai et laisse-toi porter : voici un roman comme un bol d’air, une échappée belle sur les routes jaunes des campagnes, là où le colza flamboie sous le soleil et où l’âme s’égare pour tenter de … mieux se retrouver.
« Les sentiments sont les seules choses tangibles qui restent quand la réalité nous paraît stupide, mais la rancœur est un appât empoisonné dans lequel on mord lorsqu’on a faim. Et moi j’en étais là. J’étais affamé de tristesse. »
Un roman qui pétille et console
Dès les premières pages, Guillaume Ledoux nous invite à suivre un jeune homme de province, empêtré dans un quotidien qui hésite entre le burlesque et la mélancolie. Son secret ? L’écriture, une passion cachée qui le pousse à inventer des histoires peuplées de lords anglais, de revenantes, de braconniers et même de pingouins. Son unique lecteur est plombier – et c’est déjà beaucoup, tant il l’encourage à sa façon, avec la simplicité des gens vrais.
« Encore une fois soyons clairs : c’est assez risible de parler de premier recueil alors que rien n’existait vraiment, mais je ne me prenais pas pour autre chose qu’un apprenti et je connaissais la faiblesse de mes textes. »
L’art de la digression tendre et poétique
On rit souvent, on pleure parfois, mais surtout, on s’attache. Guillaume Ledoux a ce talent rare de transformer la banalité en poésie, la ruralité en conte initiatique. Le roman débute dans « le cirque de la rue, avec ses clowns et ses ivresses », puis bascule, page après page, vers une beauté rédemptrice. On y retrouve cette réflexion douce-amère sur la réussite, les différences de classes, la solitude et la force des attachements.
« Et ce futur, je voulais qu’il ressemble à ça. Des parfums enivrants sur des routes inconnues, sentir l’air nous fouetter les joues, hurler dans le vent, pied au plancher vers le soleil levant. Ignorer les dangers de l’attachement, la peur de se brûler. Foncer vers la beauté. Une course effrénée dans les colzas. »
Un roman qui fait du bien
Colza est de ces livres que d’aucuns appelleraient la littérature du quotidien. On a tendance à les qualifier d’OLNI, c’est à dire Original dans la forme, Ludique dans le propos, par conséquent Non Identifiable dans une quelconque classification. Un livre qui laisse des traces jaunes sur le cœur.
À lire, à offrir, à partager, pour retrouver le goût simple et précieux des petites choses, et l’envie, peut-être, de foncer soi aussi vers la beauté. Léger et agréable. Idéal pour l’été en somme.
Colza est un premier roman à découvrir dès à présent aux éditions du Cherche-Midi.


